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Blog mis à jour: 19/10/2008 20:43

A propos de l'auteur

Williams Films est la société de production cinématographique que je souhaite bâtir depuis plusieurs années...

A présent ce rêve se montre de plus en plus concrétisable, c'est pourquoi l'envie me prit de créer un blog dans lequel il me sera possible de partager plusieurs choses avec le clan Williams, ainsi qu'avec de potentiels futurs associés à ce projet qui me tient tant à coeur. Je souhaite rencontrer des gens passionés, qui s'attachent à n'importe quel domaine du monde des arts et de la littérature ; mais surtout des gens qui ont un rêve à réaliser, le bonheur comme réponse au sens de l'existence, et l'envie de faire ce qui est irréalisable...

Venez, partagez et créez avec moi ce qui fût, est, et sera ce que je veux être un rêve. Juste un rêve...

Merci à tous...

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   Les Anges Funèbres (de Rosana)
[22/08/2008 19:40]

Les anges funèbres.jpg

Les Enfants Outragés Peuvent-ils Aimer ?


Petite fille aux yeux pâles et aux cheveux blonds. Douceur éternelle d'une existence onirique. Elle s'appelait Lucie et n'avait pas cinq ans. Sa vie était aussi délicieuse qu'une friandise. Elle vivait dans un grand château bordé d'une forêt et de champs de coquelicots. N'était-elle pas la plus délicate des petites filles, quand elle se berçait sur la balançoire avec grâce et que ses volants ondulaient au rythme du vent ? Elle ressemblait à une poupée avec ses collants blancs, ses chaussures vernies et son visage de porcelaine arrondie avec finesse ; ses cheveux d'or ornés d'un serre-tête et ses rubans. Oui n'était-elle pas la plus douce de toutes les enfants ? Mais d'autres gens en avaient décidé autrement et son enfance devait voler en éclat. La douceur chimérique devait être remplacée par la dure réalité. Les adultes _ vous savez, ces êtres aux pensées noires qui dérobent vos rêves pour vous faire devenir plus rigide que des automates_ allaient-ils lui ravir la quintessence de son innocence ou serait-elle sauvée de ce destin cruel et perfide...

Ses parents, de riches bourgeois étaient accueillis partout dans la bonne société. Plus tard, elle épouserait un Duc ou un Comte, cela dépendrait des gens qui se précipiteraient pour la mander en mariage. Lucie était très jolie. Trop jolie peut-être pour exister dans ce monde. Déjà des hommes avaient prévu de l'enlever à ses parents, à sa famille. Des nobles, aisés qui discutaient avec son père du futur projet de mariage. Et le Baron était trop heureux qu'elle soit déjà le centre de convoitise. Elle le plus bel ornement de la famille. Elle qui demeurait dans un monde de rêve, ne voyait pas la ville et toute sa puanteur, son escobarderie et sa mesquinerie. Lucie, lorsqu'elle avait mal se tournait vers sa nourrice et disait :
-J'ai une blessure au bras, tu fais un bisou dessus ?
Bien entendu que la gouvernante se penchait sur elle et qu'avec un sourire elle effaçait le mal. Comment résister à une petite fille aux yeux pâles ?

On n'y résistait jamais...

Madame la Baronne avait ordonné que l'on tresse la petite fille pour cette soirée exceptionnelle. La petite fille serrait les dents, parce que ça la tirait, mais c'était normal, on lui mettait des rubans. Ce jour, était l'anniversaire de la grand-tante Catherine. On ne se dérobait jamais à une invitation de la vieille dame, qui était un symbole dans la société. Elle était la porte parole de tous les bourgeois. Elle connaissait tout le monde et tous la respectaient avec une admiration hypocrite. Lucie avança vers son père. Il lui dit qu'elle était ravissante. Ils montèrent dans la voiture et se mirent en route. Elle aimait les chemins sablonneux, bordés des verts pâturage.

La demeure de la grand-tante Catherine était fabuleuse. Son architecture entre le gothique et le roman. Le cocher les déposa sous le porche et ils entrèrent alors dans le château qui faisait au moins le double du leur. Il y avait plein de monde. Ils discutaient, riaient, épiaient et tentaient de se faire valoir auprès des grands. La petite Lucie aurait voulu s'agripper à la crinoline de sa mère, mais ça ne se faisait pas. Elle fit la révérence pour plaire à ses parents et montrer sa belle robe. Ce fut lorsqu'elle eut fini de dire bonjour à la grand-tante et aux amis de la famille, qu'elle sentit son cœur battre vite. L'ombre se pencha à l'oreille de son père et lui murmura quelque chose en regardant la petite Lucie. Elle aurait aimé crier à son papa qu'il ne fallait pas s'approcher de l'ombre, mais il se mit à rire avec lui. Alors elle recula. Mais sa maman lui prit la main et déclara avec douceur qu'elle pouvait aller jouer avec les autres enfants.

Où ça d'autres enfants ? Il n'y en avait nulle part. Puis elle en vit un, assit sur une chaise qui balançait les jambes. Il avait l'air plus grand qu'elle. Il avait au moins presque sept ans. Que c'était grand pour Lucie. Mais qu'est-ce qu'il avait l'air triste. Et il était si pâle, presque maladif avec son teint blafard, ses grands yeux verts et ses cheveux noirs. Avec sa chemise blanche à flanelle et son pantalon à pince, il était très beau. Lorsqu'il la vit, il lui fit un grand sourire et elle lui demanda :
-Quel est ton nom ?
-Moi, c'est Peter et toi c'est Lucie.
-Comment tu le sais ?
Il fit un autre sourire :
-Moi je sais tout.
La petite fille fronça les sourcils et lui dit avec scepticisme :
-Moi je ne crois pas.
-...
Voyant qu'il ne répondait pas, elle lui prit la main et déclara égayée :
-Allons jouer !

Peut-être avait-elle oublié l'ombre ce soir là, car elle joua toute la soirée avec son nouvel ami. Elle ne savait rien de lui, sinon son prénom, car dès qu'elle lui posait une question, il se taisait. Mais ce n'était pas important. Savoir d'où l'on vient, sa vie passée, ça ne l'est jamais pour les enfants innocents.

Lorsque survint la fin de la soirée chez grand-tante Catherine, il arriva inévitablement le moment où Peter et Lucie devaient se quitter. Elle s'approcha de ses parents qui l'appelaient et elle voulut leur présenter ce nouvel ami. Mais Peter lui annonça qu'ils ne pourraient pas le voir, car les adultes ne le voyaient jamais.
-Mais si, répondit la petite fille aux yeux pâles.
Elle tira sur la manche de sa chemise à flanelle et dit à ses parents en le présentant :
-Voici Peter, c'est mon ami.
Les parents la regardèrent silencieux. Puis ils se mirent à rire avec les autres invités :
-Oui, disait son père, Lucie à beaucoup d'imagination.
-Ne vous inquiétez pas, renchérit sa mère, elle fait cela afin de se rendre intéressante.
Lucie voulut insister, mais son papa la gronda vertement :
-Je ne veux plus t'entendre raconter de mensonges.
Les autres gens riaient. Gourmandise amère. La petite fille demeura interdite et se tourna vers le petit garçon qui haussa les épaules :
-Les adultes ne me voient jamais, mais toi je te reverrai sans doute...
Elle se pencha pour lui donner un baiser sur la joue, mais son père la tira par le bras.
-Viens Lucie ! Allons dire au revoir à grand-tante Catherine. Nous y allons !
Il ne fallut que quelques instants pour qu'elle perde de vue son ami, et lorsqu'elle désira le revoir, il avait disparut. La petite fille aux yeux pâles parut déçue.

Lucie prit peur lorsqu'elle vit l'ombre monter avec eux dans la voiture. Le chemin du retour se faisait moins gaie. Elle se terra dans son fauteuil, son visage laiteux dans la crinoline de sa mère, elle faisait semblant de dormir. En réalité, elle fermait les yeux très forts pour ne plus le voir.

Maintenant, c'était l'heure de Morphée...






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