
Je suis Rosana et j’ai cherché l’homme qui parle…
L’inspiration s’était enfuie
Rosana pleurait seule dans son lit.
Elle cherchait l’homme sachant conter des histoires
Des histoires qui la feraient veiller tard
Le soir…
Le sommeil enrubannait ses rêveries
En somme il avait refroidi
Les œuvres nées sous la lumière de la lune
Elle avait alors délaissé sa plume.
Ses personnages avaient perdu leur gaieté
Abandonnés sur du papier
Ils préféraient s’abstenir
Et pour toujours peut être s’endormir.
Rosana ne trouvait plus dans les ouvrages
Ces mondes qui apaisaient sa rage
Tristement, elle observait l’odieuse Réalité
Qui prenait place trop vite dans ses pensées.
Un après-midi pour atténuer son chagrin
Elle décida d’y mettre du sien
S’ouvrir à la vie nouvelle
A l’internet, au monde virtuel
Elle ne pensait pas trouver comme elle de petites âmes
Elle n’imaginait pas qu’elles aussi étaient nourries des Dames
Dame Mélancolie et Dame Créatrice
Dame Rêveuse et Dame Inspiratrice…
Elle engagea autour d’elle des discussions animées
Elle eu des échanges passionnés
Mais elle ne trouvait pas cet Homme tout droit sorti
De son imagination, de ses rêveries…
Découvrir l’inconnu qu’on ne connaît pas
Dont on a le désir secret depuis longtemps déjà
Semble impossible, infaisable
C’est comme ça la vie, une espérance détestable…
Et puis, un jour qu’elle n’attendait plus la Grande Aventure
Qu’elle était déçue des pluies de lecture
Elle rencontra un être étrange
Que la franchise et le charme dérangent
Tout ce qu’ils faisaient ensemble était enchantement
Ils s’apprenaient mutuellement
Sans plus se soucier de Chronos la figure du Temps
Leurs âmes s’accordaient harmonieusement.
Ils finirent enfin par se parler à voix haute
Découvrant patiemment l’Autre
Il parlait de ses aventures d’un soir et d’un matin
Elle s’émerveillait et lui contait son chagrin
Quand elle le rencontra enfin
Le Destin…
Elle attendit peu de temps avant que leur corps s’entremêle
Et leur âme, entière, s’assembla pêle-mêle
Mais le temps est un joueur avide
Il les sépara physiquement créant un vide
Ils furent soumis à la sinistre danse
La ronde incessante provoquée par la distance…
Heureusement un visage merveilleux devance Chronos
Il s’agit de l’imprévisible Eros.
Il permet à Rosana de retrouver
Cet Ange qu’elle avait si dument cherché
Ils se voient de temps en temps
Ils continuent de s’aimer tendrement
Ils aspirent à concrétiser leurs projets
En attendant, ils ne cessent de se parler…
Rosana ne pleure plus seule dans son lit
Car elle a bien compris
Que cet homme, celui qui est partit
Loin d’elle à l’autre bout de la France
Mais qui l’enrubanne de sa présence
C’est celui qui en somme est « l’Homme de Sa Vie ».
Rosana.